2026
Cet ouvrage retrace l'histoire méconnue, "vue d'en bas", de l'exploitation des terres agricoles ardennaises pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce travail s'inscrit dans l'étude de la société rurale ardennaise et de la relation occupants / occupés.... résumé complet
Depuis plusieurs années, la compréhension de l’exploitation des campagnes ardennaises par les nazis a été profondément renouvelée. Pourtant, une étude des chefs de culture restait à écrire. Cette histoire est celle de l’Occupation vue d’en bas. Dans de nombreux villages, les chefs de culture incarnent seuls la présence de l’occupant. Ils sont désignés dans les souvenirs des Ardennais par le syntagme de « chapeaux verts ». Si le chef de culture est un acteur central de l’Occupation dans les campagnes, en contrepoint il en est aussi une figure emblématique pour les populations occupées. Dans la société rurale ardennaise, la proximité avec le chef de culture construit un double gradient qui structure les hiérarchies sociales dans le temps. Aux privilèges et à la notoriété des années d’occupation succèdent, à la Libération, l’opprobre, l’exclusion et la relégation au banc de la communauté villageoise pour ceux qui ont entretenu des relations plus ou moins régulières avec les chapeaux verts.
Société d'histoire et d'archéologie du Sedanais
Société d'histoire des Ardennes
979-2-905802-05-7
Philippe Moyen, professeur agrégé d’histoire, docteur en histoire contemporaine de l’université de Caen Normandie, laboratoire HisTeMé, UR 7455, chargé de cours à Sciences Po Paris. Sa thèse, intitulée « La WOL III dans les Ardennes : entre colonisation et exploitation des campagnes dans la zone interdite (1940-1944) », a contribué à renouveler l’approche historiographique des campagnes sous l’Occupation, longtemps considérées comme périphériques dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elles apparaissent comme des espaces stratégiques d’expérimentation de politiques d’ingénierie territoriale au cœur des logiques impériales nazies.